L'entretien
de coaching, qui matérialise la séance, ancre la démarche dans sa
dimension relationnelle. L'atteinte
du changement
demandé par
le
coaché repose en parti sur la relation coach / coaché. Il
est donc légitime d'évoquer une
"co-construction" d'une partie de la réalité du coaché –
un
projet professionnel, une manière d'être -
à travers la relation de coaching.
Cependant,
il s'agit d'accompagner le libre déploiement d'une personne dans sa
vérité. A
la fois, il en irait autrement pour le coaché s'il n'y avait pas
ces
séances, et donc cette relation, et à la fois, il s'agit
d'accompagner le développement de la personne dans ce qu'elle a
d'unique et de fondamentalement différent du coach. C'est
pourquoi, au fil de ma pratique, j'apprends
et suis vigilant
face
aux
"oui" enthousiaste
donné en séance par le coaché.
Je
m'explique : Au cours d'une séance, il peut m'arriver de suggérer
au coaché telle ou telle action qu'il pourrait mettre en œuvre
d'ici la prochaine rencontre.
Très
souvent, cette nouvelle façon de faire émerge d'ailleurs
du
dialogue, de sorte que c'est plutôt la relation coach-coaché qui
porte la « paternité » de cette nouveauté plutôt que
moi seul,
en
tant que coach.
Dans
notre métier, cela s'appelle une "prescription de tâche".
Elle a souvent pour but d'amener le coaché à expérimenter, à
tester,
une nouvelle façon de faire élaborée lors
de la séance.
Mais cette nouvelle façon de faire et ce oui du coaché pour tenter
de la mettre en œuvre, font-ils
écho
à sa personne profonde ?
Puisqu'il
s'agit pour la personne accompagnée de s'inventer, de se vivre
différemment dans une situation précise, les tâtonnements, les
tentatives répétées ne sont pas à exclure. Ce tentatives sont
même à encourager. Si le coaché trouvait de suite la bonne
nouvelle façon de faire, le coaching s’arrêterait bien vite...Et
d'ailleurs c'est ce qui se produit parfois !
Donc
si l'expérimentation répétée est de mise, encore faut-il qu'elle
ait lieu. Or, il arrive que le coaché pris dans la dynamique de la
séance fasse part de son envie d'essayer cette nouvelle façon de
faire et se présente à la séance suivante sans que rien ne soit
arrivé. Il est certain que cette non action peut nourrir utilement
la séance et amener le coaché à prendre conscience de quelque
chose dans son processus de décision et dans sa manière d'être en
relation. Et
moi à m'interroger sur ma pratique...puisque le faire ou le non
faire du coaché est partiellement conditionné par le coach....Mais
j'estime que c'est aussi à moi, en tant que coach, d'être vigilant.
Paradoxalement,
je suis vigilant face au bon climat de la séance, de la relation.
Souvent la séance est « chaleureuse », il y a des rires,
une bonne entente, une confiance réciproque. Parfois la personne
accompagnée arrive dans un état de fatigue, avec une légère
déprime, adopte un ton plaintif. Et puis au bout de quelques minutes
d'échange, elle retrouve petit à petit le sourire, l'envie
d'avancer. Elle se reconnecte à la raison pour laquelle elle vient
me voir. Elle se recontacte avec son objectif de changement. C'est
d'ailleurs pour contribuer à la ramener dans le cadre de ce pourquoi
nous nous retrouvons face à face, que je demande le paiement de la
séance au début et non à la fin.
Je
suis donc vigilant au bon climat de la séance. Cette qualité de
climat relationnel, qui passe par le rire, l'étonnement, des propos
parfois décalés, la surprise, constitue pour moi une stratégie
propice à créer du nouveau pour le coaché, un nouveau l'aidant à
aller vers son objectif de changement. Mais une fois que le nouveau
est apparu je change d'attitude.
J'adopte
une posture de retrait. Je laisse le plus de place possible au
dialogue intérieur du coaché par une alternance de longs silences
et de questions. Mon objectif est d'amener la personne accompagnée à
faire sienne le plus possible cette nouveauté, à la ruminer, à la
questionner, à l'ajuster, à la
travailler en séance.
Il
s'agit de l'aider à envisager les bénéfices
et
les inconvénients
de
cette nouvelle façon d'être qui se matérialise par un « faire »,
de l'aider à mesurer l'intérêt
qu'elle a ou non, à l'expérimenter, de
l'accompagner dans l'ajustement du contenu
qu'elle pourra prendre par rapport à la première idée qui a surgit
de notre échange.
En
résumé, et c'est une façon de caractériser ce qui se joue en
coaching, si le nouveau surgit d'une certaine façon d'être en
relation, cette façon d'être en relation change dès lors que ce
surgissement a eu lieu !
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